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Parlons climat
aux mondes agricoles

Etude. Les mondes agricoles sont au cœur des débats et enjeux sur le climat et l’environnement. Les études pilotées par Parlons Climat visent à mieux comprendre les réalités diverses des agriculteurs français en 2024. Il s’agit aussi de mesurer leurs réactions, de l’adhésion au rejet, face aux discours liés à la protection environnementale.
Cette connaissance affinée permet d’identifier les stratégies les plus efficaces pour mieux parler de transition environnementale aux mondes agricoles.

Consulter l'étude complète :

Les agriculteurs sont confiants dans l'avenir... mais aussi préoccupés par le contexte économique

Première information à retenir de cette étude : à l’encontre des idées reçues, la majorité des agriculteurs interrogés se révèlent confiants dans l’avenir et passionnés par leur métier. 67% encourageraient ainsi un jeune de leur famille à devenir agriculteur, et ce chiffre monte à 83% pour les moins de 40 ans.


Dans ce contexte global de confiance, le contexte économique et le manque de revenus qui en découle est la première préoccupation de la majorité des agriculteurs, devant les contraintes et conséquences des politiques publiques et les impacts du changement climatique.

Mais ce classement varie selon la région et le type de production. Le contexte économique préoccupe un peu moins en Franche-Comté et en Ile-de-France, par exemple, tandis que le cadre politique ressort particulièrement dans les réponses des agriculteurs de région des grandes cultures (Ile-de-France, Hauts-de-France). Les réponses témoignent aussi d’attentes différentes, selon les intérêts de chacun, vis-à-vis des politiques agricoles (fléchage des aides de la PAC, accords de libre échange, etc.) et des conceptions différentes du monde agricole idéal. 

Cette diversité de profils et de centres de préoccupations se traduit dans une mobilisation qui dépasse de plus en plus le cadre syndical. Elle s’inscrit aussi dans un contexte global où 85% des agriculteurs considèrent que leur point de vue est mal représenté dans le débat public.
 

Il n'y a pas d'opposition à la transition écologique chez les agriculteurs

La transition écologique est un défi très bien perçu et accepté par la profession. Parmi les agriculteurs interrogés en 2022, huit sur dix considèrent que le changement climatique aura des incidences dans les dix années à venir ou en a déjà sur leur production. Et 61% considèrent que la transition écologique du secteur agricole est une nécessité avec laquelle il faut composer. 23% considèrent même que c’est une opportunité à saisir, contre 15% seulement qui considèrent que c’est une erreur à combattre.

Les impacts du changement climatique sont aussi une des trois principales préoccupations des agriculteurs, quel que soit leur profil. Dans le détail, le contexte environnemental et les dérèglements climatiques préoccupent particulièrement les agriculteurs des régions Paca et Corse, les moins de 40 ans, les arboriculteurs et viticulteurs.

 

En parallèle, seulement 2% des agriculteurs citent spontanément les associations écologiques comme responsables des difficultés rencontrées par les agriculteurs… mais parmi une liste d'acteurs, les associations écologiques demeurent le 2e groupe le plus cité, derrière les entreprises de la grande distribution. 

“L'agriculture verte c'est bien, faut savoir en profiter.” Polyculteur éleveur depuis 2005.

“Je suis le premier à vouloir évoluer si c’est nécessaire mais il faut que ce soit faisable.” Éleveur brebis installé en 2009.

“Je n'ai pas l'impression qu'on applique les mêmes choses des fois à l'industrie, aux loisirs, tout ce qui est transport, avion, etc.” Polyculteur éleveur depuis 1999.

Parler d'environnement aux agriculteurs : entre risques de rejet et leviers de mobilisation

Il n'y a pas de rejet de la cause environnementale chez les agriculteurs… mais plutôt de la manière dont la transition écologique est conduite aujourd’hui. Elle est en effet souvent associée à de la lourdeur (charge administrative, perte de liberté), de la complexité et de l’instabilité réglementaire, mais aussi à la peur de l’erreur et au sentiment de “flicage” très anxiogène.

Les agriculteurs associent aussi souvent la transition environnementale à un manque de sens : déconnexion des mesures prises avec la réalité du terrain, des démarches demandées dont ils ne perçoivent souvent pas l’utilité, un manque d’harmonisation internationale… Le terme "transition écologique" est ainsi lu sous un prisme politico-administratif et c'est à ce titre qu'il peut faire l'objet de rejet. 

 

A l’inverse, d’autres leviers apparaissent pour mobiliser les agriculteurs. La défense des petits contre les gros fait presque consensus : 77% des agriculteurs interrogés sont favorables à la mise en place d’une aide forfaitaire pour les petites fermes. D’une façon générale, 82% sont aussi favorables à des aides qui encouragent à la préservation de la qualité de sols et de la biodiversité.

Entre défiants et volontaires écolos, les agriculteurs sont majoritairement pragmatiques

A l’inverse, d’autres leviers apparaissent pour mobiliser les agriculteurs. La défense des petits contre les gros fait presque consensus : 77% des agriculteurs interrogés sont favorables à la mise en place d’une aide forfaitaire pour les petites fermes. D’une façon générale, 82% sont aussi favorables à des aides qui encouragent à la préservation de la qualité de sols et de la biodiversité.

En croisant les regards des agriculteurs sur la transition environnementale avec leurs positions sur différents sujets clés (le fléchage des aides PAC, leur propension à recommander le métier à un jeune, leur mobilisation…), Parlons Climat a pu dresser plusieurs profils d’agriculteurs, d’une minorité défiante à la majorité pragmatique et optimiste.

Les défiants

Les personnes considérant la transition écologique comme une erreur, qui représentent 15% de notre échantillon. Plus conservatrice, cette frange de la population agricole ne se mobilise pas particulièrement. On y observe  un refus quasi systématique vis-à-vis de tout ce qui peut avoir trait à l’écologie ou à l’environnement. 

Les volontaires écologistes

Les personnes considérant la transition écologique comme une opportunité, qui représentent 23% de l’échantillon. Très représentés dans l’Ouest, des SAU de moins de 100ha et des élevages bovins, ils se distinguent par une très nette part plus certifiée bio que les autres (+10pts). 

Volontaire_écologiste_PP.png

Les pragmatiques

Celles et ceux qui considèrent que la transition est une nécessité avec laquelle il faut composer. C’est le groupe majoritaire (61% de l’échantillon), et le plus divers.

En considérant leur vision de l’avenir du métier et notamment le souhait de recommander ou non le métier à un jeune de sa famille on peut y distinguer deux groupes différents  :

Les pragmatiques résignés

19% des agriculteurs interrogés considèrent que la transition écologique du secteur agricole est une nécessité, tout en ne souhaitant pas encourager un enfant de leur famille à devenir agriculteur. 

Pragmatique_résigné_PP.png

Les pragmatiques optimistes

42% considèrent que la transition est une nécessité et encourageraient un enfant de leur famille à devenir agriculteur, parmi eux.

Pragmatique_optimiste_PP.png

Cette lecture affinée donne des clés pour adapter sa communication aux divers mondes agricoles et adapter le message à sa cible. Ces enseignements proposent une ligne, voire des lignes, pour sortir des clivages et tenir compte des préoccupations d’une profession qui se sait à un tournant.

Méthodologie et sources​

 

Ce travail réalisé en 2024 s’appuie sur une abondante recherche documentaire, de nombreux entretiens menés avec des chercheurs et des spécialistes du secteur ainsi que trois sources de données quantitatives et qualitatives : 

 

Pour aller plus loin

 

Nos publications sur le thème de l’agriculture :

 

Notre étude sur “Les Français face aux transitions agricoles et alimentaires"

Envie de parler de cette étude ?

Contactez Damien Cahen,
responsable Agriculture et Alimentation de Parlons Climat.

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